3 questions à Nicolas Bezençon

 

Secrétaire syndical, Uniterre

Quelles perspectives une initiative comme marchédurable.ch ouvre-t-elle aux maraîchers ?

C'est une corde de plus à leur arc, une filière de plus pour écouler leurs produits. Ça peut entraîner une motivation particulière chez les producteurs des filières courtes, comme dire « moi je produis pour des gens que je connais, à un prix correct », développer de nouveaux produits, discuter avec le consommateur sur ce qu'il a envie de manger, faire découvrir de nouveaux produits et de nouvelles saveurs.

Quels avantages peut tirer le consommateur de la vente de proximité ?

Une transparence au niveau des prix et du mode de production. On redonne le choix au consommateur de définir ce qu'il veut manger. On ne se rend pas compte, mais la grande distribution nous impose des produits. Alors que dans la démarche de proximité, il y a un dialogue. Le consommateur a la possibilité de se plaindre, de proposer, de choisir ce qu'il a envie de manger. On redonne un pouvoir au consommateur.

Avec marchédurable.ch, ce sont les consommateurs qui « vont à la rencontre » du maraîcher : la marque d'un nouveau besoin ?

On sent de la part des consommateurs une envie de consommer différemment. Le projet de marchédurable.ch est intéressant parce qu'il y a une plateforme internet performante, il laisse la liberté de choix aux consommateurs pour faire leurs paniers chaque semaine avec les produits proposés par le producteur. C'est très intéressant car cela fonctionne, vit économiquement et est pratique pour des gens qui travaillent. Il satisfait les besoins de ces gens-là et crée ce nouveau « trend » : on se rend compte que c'est possible de vivre au jour le jour avec une famille et de consommer des produits locaux à des prix corrects .

Lausanne, le 25 mai 2008